Se rendre au contenu

Faut-il vraiment tout plaquer pour réussir son entreprise ?

Non.

Enfin, pas non comme ça, sec, définitif. Plutôt : la question elle-même est mal posée.

Tout plaquer n'est ni courageux ni imprudent en soi. C'est juste adapté à certaines personnes. Et complètement inadapté à d'autres. La vraie question, la seule qui compte, c'est : est-ce que je me connais assez pour savoir ce dont j'ai besoin ?

Parce que voilà ce que j'ai fini par comprendre, à mes dépens : peu importe la vitesse de votre transition, peu importe les résultats du moment, si vous ne connaissez pas votre mode d'emploi, vous allez vous épuiser, être frustré, déçu, stressé....

Si je suis honnête : j'ai créé mes propres tests d'auto-coaching pour mieux me comprendre. Car après avoir réalisé le test des couleurs pour la communication, de l'énéagramme pour les peurs profondes et le Design Humain pour la prise de décision, j'ai eu besoin de créer mon test (non, non, je n'ai pas un besoin de contrôle sur tout).

Ces trois outils, je les connais, je les respecte. Ils m'ont donné des clés précieuses sur qui je suis. Mais j'avais besoin de pouvoir refaire un test, plusieurs fois, en fonction de mon humeur du moment pour conforter mes idées, mon mode de fonctionnement et y trouver des pistes d'actions rapides. Je vous rassure, après avoir fait un nombre incalculable de fois mon test, les résultats sont toujours les mêmes, je suis créatrice, mais mon profil secondaire varie entre visionnaire et bâtisseuse. J'ai compris comment je fonctionne, vraiment, et j'adapte mon organisation mais aussi mes auto-pensées.

Ceux qui me connaissent savent que dans ma tête, les idées sont comme le pop-corn, ça fait pop pop pop.... Ça fuse, sans prévenir, souvent au pire moment (en pleine facturation, la veille d'une échéance, pendant une réunion). Longtemps, j'ai culpabilisé de ne pas pouvoir tout concrétiser ou du moins prendre le temps d'explorer chaque idée. Parfois je m'éparpillais, à courir après trois, quatre, cinq idées en même temps sans savoir sélectionner une tâche à réaliser pour avancer.

Il existe pourtant d'excellents outils. J'en avais testé plein, mais aucun ne fonctionnait sur le long terme. Jusqu'à ce que je change ma manière de penser et que j'adapte ces outils à moi, à mon fonctionnement.

Ce que j'ai changé

Les idées fusent. Elles ne demandent pas la permission. Avant, je culpabilisais. Aujourd'hui, je note. Je range dans une file d'attente. « Pas maintenant. Après X et Y. » Ce n'est pas une idée en moins. C'est une idée qui patiente, au lieu de saboter les deux autres déjà en cours.

J'ai arrêté de vouloir être constante. Je ne culpabilise plus si je ne travaille pas sur un projet plusieurs jours ou semaines. Je me dit que ce n'est pas le bon moment, pas maintenant.

Aujourd'hui, je protège mes idées jusqu'à ce qu'elles soient mûres.

La matrice, ou comment j'ai fini par m'organiser

Cette clarté m'a menée vers un outil très concret: la matrice d'Eisenhower. Pas une seule, pour tout centraliser, mais une par projet. Je ne dis pas que c'est une solution miracle adaptable pour tous, mais c'est ma solution adaptée à moi.

Concrètement quand j'organise mon temps, je regarde l'ensemble de mes matrices. Je cherche s'il y a, quelque part, une action urgente et importante. S'il y en a une, elle prend le dessus. Peu importe le projet auquel elle appartient.

S'il n'y en a pas, je me laisse le droit de choisir en fonction de mon envie. Et je sélectionne la matrice du projet sur lequel j'ai envie de travailler, là, maintenant. Et elle me guide, étape par étape, dans sa réalisation.

Cette méthode laisse de la place à mon énergie du moment, tout en gardant un filet de sécurité. Rien d'urgent et important ne passe entre les mailles. Une seule grande matrice serait illisible ou m'aurait forcée à hiérarchiser mes projets entre eux. Ce dont j'avais besoin, c'était de pouvoir suivre l'élan pop-corn sans perdre le fil d'aucun d'entre eux.

C'est là, je crois, que beaucoup d'indépendants s'épuisent sans le voir. Ils empruntent une méthode qui fonctionne très bien pour quelqu'un d'autre. Une méthode linéaire, pour un fonctionnement cyclique. Un besoin de feedback rapide, pour une nature qui a besoin de maturation. Dans ces cas, le problème n'est donc pas la méthode mais c'est l'écart entre la méthode et la personne qui doit la tenir.

Votre boussole n'est pas à copier

Ce qui était au départ une quête de contrôle est devenu, pour moi, un outil d'émancipation. Vous n'avez pas besoin de changer qui vous êtes. Vous n'avez pas besoin de copier la méthode de l'entrepreneur que vous admirez.

Vous avez besoin d'une seule chose : adapter votre activité à votre propre boussole. Pas l'inverse.

Julie Castin – Kokeli


Passer de l'idée à l'action avec Kokeli

Besoin d'y voir plus clair et de structurer vos démarches ? Chez Kokeli, je conçois des outils pratiques et j’anime des ateliers collaboratifs pour aider les indépendants (de produits comme de services) à développer leur activité en toute sérénité.

Envie de faire le point sur votre projet ? Réservez un premier échange offert pour discuter de votre situation ou découvrez nos prochains ateliers pratiques et formations.